ETA BRVM

Les barèmes et leurs références : rien d'arbitraire

Pour chaque note et chaque seuil d'ETA BRVM : la référence internationale, l'adaptation locale, ce qui a été testé sur la BRVM et ce qui reste un choix à valider.

Le principe

Une note n'a de valeur que si on peut expliquer d'où viennent ses seuils. Pour chaque barème d'ETA BRVM, cette page indique : la référence reconnue, l'adaptation à la réalité locale (taux des titres d'État de l'UMOA, normes comptables de la zone) et son statut :

  • Référence reconnue : le critère vient de travaux publiés et largement utilisés.
  • Adapté localement : même critère, avec un repère de la zone UMOA.
  • Choix à valider : un seuil que nous avons fixé nous-mêmes ; nous le disons.

Le repère local utilisé, et comment il est mis à jour

Le taux sans risque de référence est le rendement des OAT à 5 ans de l'UMOA, relevé lors des adjudications publiées par UMOA-Titres. Pour qu'il ne dépende d'aucun État en particulier et reste vérifiable, la règle est fixée une fois pour toutes : médiane des relevés des 180 derniers jours, tous États confondus (au moins trois relevés). Chaque relevé garde sa date, son État et sa source dans un fichier public du projet.

Aujourd'hui, la médiane est de 7,29 % (quatre relevés : Côte d'Ivoire 7,08 % au 25 août 2026, Mali 7,47 % au 5 août 2026, Togo 7,14 % au 30 avril 2026, et 7,43 % observé le 22 avril 2026). Le coût des fonds propres retenu est ce taux plus une prime de risque de 5 points, soit environ 12,3 % : la prime est une hypothèse de travail (elle se situe en général entre 4 et 6 points).

Mise à jour. Le taux est recalculé à chaque mise à jour des données. Les relevés se complètent à chaque adjudication ; l'espace de gestion signale tout relevé de plus de 60 jours.

La note de qualité des comptes (sur 100)

Elle compte cinq piliers, avec des poids égaux par construction, sur ce qui existe dans les comptes publiés :

PilierCritères et barèmesRéférencesStatut
Rentabilité (25 %)Rentabilité des fonds propres (ROE) comparée au coût des fonds propres ; rentabilité des actifs (ROA : 1,5 % = maximum pour une banque, 10 % pour les autres) ; marge nette (hors banques) ; coefficient d'exploitation des banques quand il est connuFama et French (2015) ; Piotroski (2000) ; MEDAF (Sharpe, 1964) ; IMF, Financial Soundness Indicators (banques)Adapté localement
Régularité et croissance (20 %)Nombre d'exercices bénéficiaires sur cinq ; croissance du bénéfice de la dernière annéeGraham, L'investisseur intelligent ; Piotroski (2000)Référence reconnue
Prix raisonnable (25 %)Rendement du bénéfice (1 / PER) comparé au taux des OAT 5 ans ; cours rapporté à la valeur comptable, 1,5 au plus = maximumGraham (PER d'au plus 15, P/B d'au plus 1,5) ; Fama et French (1992)Adapté localement
Dividende (15 %)Années de dividende sur cinq ; taux de distribution entre 20 et 90 % ; rendement comparé à l'OAT 5 ansGraham (historique de dividende) ; Lintner (1956)Adapté localement
Solidité financière (15 %)Hors banques : dette nette rapportée aux fonds propres (1 au plus = au moins 70 sur 100) et autonomie financière (un tiers du bilan = 70). Banques : fonds propres rapportés au total du bilan (proxy du ratio de levier de Bâle III, minimum 3 %), puis ratio de solvabilité réglementaire et taux de créances douteuses quand ils sont connusGraham ; Piotroski (2000) ; Comité de Bâle ; IMF, Financial Soundness Indicators ; dispositif prudentiel de l'UMOARéférence reconnue, adaptée aux banques

Comment lire la note. Si un critère manque (par exemple le PER d'une société en perte), il n'est pas noté et ne tire pas la note vers le bas : seule compte la moyenne des piliers disponibles, avec un minimum de trois. La couverture (« 4 piliers sur 5 ») est affichée sur chaque fiche, avec chaque critère et sa source.

Ce qui reste un choix à valider. Les poids égaux entre piliers et les échelles de notation à l'intérieur de chaque critère sont nos choix : ils ne sont pas calibrés sur la BRVM, car l'historique de comptes annuels disponible (quelques exercices) est trop court pour le faire sérieusement.

Cas des banques et assurances (17 sociétés sur 48). Le dispositif prudentiel de l'UMOA, inspiré de Bâle II et III et en vigueur depuis le 2 janvier 2018, fixe notamment des fonds propres de base durs (CET1) d'au moins 5 %, des fonds propres de base d'au moins 6 % et des fonds propres totaux d'au moins 8 %, avec un coussin de conservation de 2,5 % au plus (les chiffres de 2018 intégraient un étalement : 5,625 %, 6,625 %, 8,625 %). Le minimum applicable varie selon les établissements. Ces ratios ne figurent pas dans les données financières que nous utilisons : ils sont relevés banque par banque dans les publications des établissements, avec leur date. Pour l'instant, 1 banque sur 17 est renseignée (Société Générale CI). Pour les autres, la solidité est estimée par le rapport fonds propres / total du bilan, un indicateur comptable plus grossier : c'est une limite connue.

La note technique : score d'opportunité (sur 100)

Il additionne quatre parties : tendance (35), force (25), liquidité (25) et signal d'entrée (15).

ÉlémentBarèmeRéférencesStatut
TendanceCours au-dessus de la moyenne mobile à 200 séances ; moyenne à 20 séances au-dessus de celle à 50Brock, Lakonishok et LeBaron (1992) ; Faber (2007)Référence reconnue, pondérations testées sur la BRVM
ForceProximité du plus haut des 12 derniers mois ; RSI à 14 séances d'au moins 55George et Hwang (2004) ; Jegadeesh et Titman (1993) ; Wilder (1978)Référence reconnue, pondérations testées sur la BRVM
Liquidité60 % : part des 20 dernières séances échangées ; 40 % : valeur moyenne échangée par séance (échelle logarithmique)Principe d'Amihud (2002)Choix à valider (seuils fixés par nous)
Signal d'entréeCassure (15), repli en tendance (12), rebond ou compression (3), sinon aucunBollinger (2001) ; Wilder (1978)Testé sur la BRVM, effet modeste

Pourquoi « signal d'entrée : aucun » est normal. C'est un bonus qui n'existe que les jours où un événement précis est repéré. Aujourd'hui, 12 titres sur 48 en ont un, les 36 autres n'en ont pas, et leur note maximale est de 85. Nous avons cherché si une note graduelle serait plus utile : l'historique ne le justifie pas (voir le test ci-dessous), donc nous ne l'avons pas inventée.

Ce que l'historique de la BRVM dit (test du 14 octobre 2026)

Nous avons mesuré, sur toutes les actions et toutes les séances disponibles depuis plus de 19 ans, ce qui s'est passé 60 séances plus tard (plus de 41 000 observations, une toutes les trois séances).

Situation du jourPart des cas en hausse 60 séances plus tardVariation moyenne
Toutes les observations53 %+6,0 %
Tendance baissière48 %+2,9 %
Tendance haussière, loin de son plus haut (moins de 80 %)47 %+4,8 %
Tendance haussière, entre 90 et 97 % du plus haut63 %+10,6 %
Tendance haussière, à 97 % du plus haut ou plus64 %+10,8 %
Aucun signal d'entrée52 %+5,3 %
Repli en tendance58 %+8,3 %
Cassure56 %+10,3 %

Ce que cela montre : la tendance et la proximité du plus haut sont ce qui a le mieux accompagné les hausses, comme le prévoit la littérature sur le momentum ; les signaux d'entrée ajoutent un peu d'information, sans plus.

Les limites, à lire avant de conclure : variations de prix seulement (sans dividendes) ; observations qui se chevauchent, donc moins indépendantes qu'elles n'en ont l'air ; période dominée par une hausse générale du marché ; aucun test de signification statistique formel. Ces chiffres décrivent le passé et ne prédisent rien.

Les profils de lecture (rente, croissance, court terme)

Les cinq critères de chaque profil s'appuient sur les mêmes références. Un seuil reste un choix à valider : le rendement de dividende d'au moins 5 % pour la rente est inférieur au taux des OAT 5 ans (7,1 %), car un dividende peut croître alors qu'une obligation d'État est à taux fixe, mais aussi parce qu'il peut baisser. Nous le signalons plutôt que de le cacher.

L'actionnariat

Chaque fiche peut afficher qui possède la société, avec la date d'arrêté et la source. Les fiches officielles de la BRVM sont parfois anciennes (celle de Sonatel est arrêtée au 31 décembre 2019) : nous préférons toujours le rapport annuel le plus récent et nous affichons systématiquement la date. L'actionnariat est une information de contexte ; il ne modifie pas encore les notes.

Ce qui n'est pas encore pris en compte

  • Les ratios prudentiels de 16 banques sur 17, à relever dans leurs publications.
  • L'actionnariat de la plupart des sociétés.
  • Les comparaisons par secteur : un PER de banque et un PER d'industriel ne se lisent pas de la même façon.
  • Une calibration des poids de la note de qualité sur l'historique de la BRVM, quand il sera assez long.

Références

Brock, Lakonishok et LeBaron (1992), Journal of Finance ; Faber (2007), Journal of Wealth Management ; George et Hwang (2004), Journal of Finance ; Jegadeesh et Titman (1993), Journal of Finance ; Wilder (1978), New Concepts in Technical Trading Systems ; Bollinger (2001), Bollinger on Bollinger Bands ; Amihud (2002), Journal of Financial Markets ; Graham, The Intelligent Investor ; Piotroski (2000), Journal of Accounting Research ; Fama et French (1992), Journal of Finance, et (2015), Journal of Financial Economics ; Lintner (1956), American Economic Review ; Sharpe (1964), Journal of Finance. Normes prudentielles : Commission bancaire de l'UMOA et BCEAO, via la presse spécialisée ; IMF, Financial Soundness Indicators, Compilation Guide ; Comité de Bâle, ratio de levier. Taux locaux : UMOA-Titres, adjudications de 2026.

Une page n'est pas claire ? Dis-le-nous : nous la réécrivons.